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Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri : une crise humanitaire qui s'aggrave, une réponse citoyenne à renforcer

Au premier trimestre 2026, l'est de la République démocratique du Congo reste l'une des crises les plus lourdes au monde. Depuis Goma, l'ACDD n'appelle pas seulement à une réponse urgente et structurelle : avec ses partenaires, elle en est un opérateur.

Le Plan de réponse humanitaire 2026, lancé le 28 janvier par le Gouvernement congolais et la communauté humanitaire, estime à près de 15 millions le nombre de personnes ayant besoin d'aide dans le pays, pour seulement 7,3 millions de personnes effectivement ciblées faute de financement. Cette priorisation stricte — 228 zones de santé, appel de 1,4 milliard de dollars — ne signifie pas que la situation s'améliore : OCHA souligne qu'il s'agit de choix méthodologiques, après un HNRP 2025 financé à 24 % seulement.

Au Nord-Kivu, la Commission Mouvement de Populations dénombrait 1,27 million de déplacés internes au 31 mars 2026, après plus de 21 800 nouveaux déplacements liés aux combats à Lubero. Les territoires de Masisi et Rutshuru portent une part majeure de cet effectif. Autour de Goma, Beni, Bukavu et Uvira, les familles s'entassent dans des sites de fortune ou chez l'habitant. L'eau, l'assainissement et les soins de première ligne manquent. Choléra, rougeole et mpox circulent sur un système de santé déjà saturé.

En Ituri, les attaques récurrentes dans les territoires de Djugu et d'Irumu multiplient les besoins en protection, en appui psychosocial et en sécurité alimentaire. Les femmes et les filles restent exposées aux violences liées au conflit. Les enfants sortent de l'école. Les champs et les marchés se vident dès que l'insécurité reprend.

Ce que l'ACDD met en œuvre

Nous alignons notre action sur six engagements fondateurs : résilience et moyens d'existence, santé et nutrition, protection des femmes et des enfants, soutien aux jeunes déplacés, préservation des écosystèmes, gouvernance locale inclusive. Concrètement, cela passe par des évaluations rapides (ERM, EFSA, MSA), des distributions (vivres, NFI, cash), du WASH d'urgence, et une participation aux clusters sous l'égide d'OCHA, en lien avec l'UNICEF, le PAM, le HCR et les autorités provinciales.

Ces orientations ne restent pas un plaidoyer. Avec ses partenaires, l'ACDD est un acteur clé de leur réalisation au Kivu, en Ituri et dans les arènes nationales de coordination : c'est dans l'exécution — ciblage, dernier kilomètre, reddition de comptes aux communautés — que se juge notre mandat, pas dans les seules notes de position.

Plus que de l'aide ponctuelle, il s'agit d'investir dans la suite : scolarisation, relance agricole, énergies propres, emploi des jeunes, justice communautaire. Nous appelons la diaspora, les bailleurs et la société civile à soutenir une réponse centrée sur la dignité des personnes — et à nous juger sur ce qui est livré, pas seulement sur ce qui est proposé.

Mise à jour : depuis mai 2026, une épidémie de maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) s'est superposée à cette crise. Analyse datée et sourcée : Nord-Kivu, août 2026.

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